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La Disparition de Pline

Type d'œuvre :
Spectacle
Nature de l'œuvre :
Œuvre
Date de l'oeuvre :
1992
Sujet de l'oeuvre :
Les philosophes de différentes cultures se penchent depuis des siècles sur les objets que nous nommons marionnettes pour mettre en lumière leur potentiel métaphorique, leur poésie allégorique ou leur rapport complexe aux êtres humains. En revanche, les marionnettistes prennent rarement comme sujet de leurs spectacles la pensée philosophique. C'est pourtant le livre de Clément Rosset, Le Réel et son double, qui donne matière à La Disparition de Pline en 1992, interprétée en soliste par Émilie Valantin. Celle-ci ambitionne de décrire matériellement la fuite du réel rugueux, sans écho, sans double, que dans cet essai sur l'illusion, Rosset - notre contemporain - attribue à tout un chacun mais surtout à Platon et aux philosophes classiques allemands. Pour « débusquer le dérisoire, cerner les "lapalissades du réel" », la mise en scène perche séparément sur de hauts socles quatre philosophes stylisés, dépouillés de tout vêtement, avec un lit et le vide comme seul horizon. Ce sont des marionnettes à tiges qui s'expriment par aphorismes, syllogismes, sophismes, issus de divers textes de Rosset, et qui ne répugnent pas cependant aux batailles de polochons. Sous les modules, la scène est un impeccable plateau de verre fumé, image de ce miroir lisse du réel désiré par les philosophes, mais des grains de sable (en vérité du millet et des graines pour les oiseaux de façon à ne pas rayer le verre) viennent régulièrement s'éparpiller sur sa surface et entacher sa pureté. Les penseurs vont donc devoir se risquer à descendre et s'efforcer de dégager le sol avec une raclette ou même une pelleteuse, en vain. Les préoccupations existentielles de Pline l'Ancien, Hegel, Rousseau et Lacan sont ponctuellement commentées par le matérialisme de la sagesse lyonnaise de Guignol, en marionnette à gaine, ou, au contraire, par les raisonnements affétés d'une Précieuse en marionnette à fils. La manipulation reste toujours cachée. La quête de l'illusion est multiple. Émilie Valantin souligne son objectif : « l'urgence n'est plus tout à fait de faire rêver mais de susciter une nouvelle exigence critique ». La représentation se termine sur un constat ironique : contrairement à ce qu'il prophétisait, Pline l'Ancien, après avoir achevé les trente-sept volumes de son Histoire naturelle, disparaît lors de l'éruption du Vésuve sans que le monde en pâtisse. La presse nationale applaudit les trouvailles judicieuses de la mise en scène lors du festival d'Avignon Off en 1994. Le spectacle a été repris avec le même succès en 2005 au Théâtre de l'Aquarium, à Paris, à l'occasion du 30e anniversaire de la Compagnie. Il a alors été joué en duo avec Jean Sclavis. D'autres personnages fictionnels en conflit avec le réel ont été ajoutés : Swann, Boubouroche, Alceste... Quelques créations marionnettiques directement inspirées par la philosophie ont par la suite été proposées en France. Notamment, Le Petit Théâtre d'objet des philosophes de la compagnie Houdart-Heuclin en 2012, et L'Androïde d'Aurélia Ivan d'après Ainsi parla Zarathoustra de Friedrich Nietzsche, en 2013.

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