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Mon Nom est Rouge

Interprètes de l'œuvre :
Type d'œuvre :
Spectacle
Nature de l'œuvre :
Version d'Œuvre
Date de l'oeuvre :
2012-2015
Sujet de l'oeuvre :
L’histoire se passe à la fin du XVIe siècle, dans l'Empire ottoman, à Istanbul. Un peintre miniaturiste de renom, Monsieur Délicat, a eu le crâne fracassé. L'atelier du Sultan Murad III, dans lequel il travaillait, vient d’être chargé en secret d'illustrer un livre à la manière vénitienne alors que la tradition orientale, islamiste, était respectée jusque-là. Il fallait reproduire les modèles anciens à l’identique, aucun style n’était toléré, aucune signature, aucune identification possible d’un modèle. Il ne s’agissait pas de prendre en compte la perception humaine mais de symboliser celle de Dieu. Le portrait, la perspective, les influences de l’art européen à l’œuvre dans ce nouveau livre sont perçues comme une offense. C’est le début du déclin de l’empire ottoman qui aura lieu au XVIIe siècle. Monsieur Délicat, défenseur de la tradition, ne trouve pas le repos dans l’au-delà tant que la vérité sur son assassinat ne sera pas découverte. Il tente donc de faire la lumière sur les événements récents tandis que diverses intrigues dont les narrateurs ne manquent pas d’incongruité (parmi eux, un chien, un arbre tombé d’un riche manuscrit, un faux écu d’argent, une couleur) entrelacent son récit. En contrepoint, chaque soir dans un café, un conteur se moque de l’attitude des puristes religieux grâce aux esquisses réalisées par des peintres. L’humour parsème l’intrigue artistico-policière autant que les aventures amoureuses de celui qui doit mener l’enquête, Le Noir, avec sa cousine Shékurè, femme souvent au bord de la crise de nerf.
Histoire de l'oeuvre :
Le théâtre de papier est une mise en jeu d’images. La compagnie Papierthéâtre, spécialiste du genre, est dirigée par Alain Lecucq, d’origine française, et par Narguess Majd, d’origine iranienne, qui l’a rejoint en 2008. Derrière une trame policière et une intrigue sentimentale, le roman turc Mon nom est rouge du prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk, est une subtile interrogation sur le rôle de l’image dans toute communauté, sur son impact politique, à travers la comparaison des cultures moyen-orientale et occidentale. La nécessité d’adapter théâtralement ce livre est une évidence pour Alain Lecucq en 2012, pour les tensions qui traversent l’époque et en référence à l’identité de la compagnie. Il va en convaincre l’auteur.
Contexte de l'oeuvre :
« Les rapports de force qui sous-tendent la fiction de Pamuk font clairement écho à des problèmes actuels. Aussi avons-nous pris le parti de la plus grande exactitude historique possible» déclare Alain Lecucq. Sur le vaste plateau, trois comédiens manipulent de nombreuses figurines pour une quinzaine de personnages dans des positions et des formats différents selon les moments. Ce sont des reproductions librement agrandies, parfois fragmentées, d’originaux. Elles circulent dans des décors successifs déterminés par des plans réels. « Même si de grands miniaturistes turcs plus tardifs, tels qu'Abducelli Celebi Levnî (1680-1732), ont produit des chefs d'œuvre, nous avons préféré construire nos personnages à partir de miniatures turques et iraniennes de l'époque du sultan Murad III. Les productions du géographe français Nicolas de Nicolay (1517-1583), qui vivait alors à Istanbul, nous ont, entre autres, beaucoup servi. ». Il est arrivé que des documents à l’origine en noir et blanc soient mis en couleurs pour le spectacle. Dans une fable comme celle d’Orhan Pamuk où chaque élément, qu’il soit mort ou vivant, humain, animal ou végétal, concret ou abstrait, peut trouver sa partition, le théâtre de formes animées est à son aise. Dans l’univers des peintres, miniaturistes, enlumineurs et calligraphes de Mon nom est rouge, le théâtre de papier est plus particulièrement dans son écrin. Narguess Majd et Alain Lecucq se sont pourtant amusés à transgresser les règles de la tradition du genre, comme en écho au questionnement philosophique du texte. La scénographie s’ouvre sur dix mètres de largeur et huit mètres de profondeur au lieu d’occuper les dimensions restreintes d’une scène miniaturisée. Un passage de théâtre d'ombre inspiré du karagoz intervient au milieu du spectacle. Le jeu clownesque de Brice Coupey, interprète en chair et en os du conteur - cette figure partagée par l’Orient et l’Occident - offre des intermèdes rythmés au monde d’images plates extraites des livres. «Dans le roman de Pamuk, le conteur porte un regard ironique sur l'histoire en train de se dérouler. Il met à distance l'enquête sur le meurtre de Monsieur Délicat, l'histoire d'amour entre le détective Le Noir et Shékuré et tous les autres fils narratifs. Il est omniscient, c'est pourquoi nous avons voulu lui donner une épaisseur théâtrale», précise Alain Lecucq. Des fragments de corps des trois comédiens, en rupture d’échelle facétieuse, apparaissent parfois en complément de la figuration des personnages qu’ils manipulent. Pour parachever l’enrichissement artistique mutuel de l’Orient et de l’Occident que le spectacle met en exergue, la compagnie a commandé des créations musicales au compositeur iranien Siamak Jahangiry. Celui-ci interprète sur scène des morceaux inspirés des sonorités ottomanes ou iraniennes du XVIe siècle, à l’aide de plusieurs instruments, l’oud, le setar à quatre cordes, le tombak en percussion et le ney, flûte traditionnelle orientale dont il est un grand maître.
Distribution (oeuvre musicale) :
A

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